Fouilles archéologiques sur le site de Saint-Pierre (juillet 2007)
Cette année en relation avec la poursuite des restaurations réalisées par Gérard Chauvet a été programmée une intervention sur la fortification. L’objectif central était de préciser les structures bâties conservées sur la plateforme sommitale où s’élève le donjon et plus particulièrement l’entrée de l’enceinte, mise en lumière en 2006, et le tracer de celle-ci dans la partie occidentale.
Une fouille archéologique durant plus de deux semaines a été réalisée sous la direction de Yann Codou (université de Nice-Sophia Antipolis, laboratoire CNRS Cépam) et François Guyonnet (Archéologue au Service Archéologique de Vaucluse). L’équipe était composée de six étudiants des universités de Nice et d’Aix de niveau Master et Licence. Malgré la courte période impartie à l’intervention de nombreux résultats ont été obtenus et il est difficile d’en rendre compte dans ces quelques lignes. L’entrée monumentale du château a été dégagée.
L’importance des élévations conservées est remarquable. Par ailleurs, deux fours à pain ont été mis au jour. Ils sont les témoins matériels du pouvoir banal des seigneurs durant la période féodale. D’autres bâtiments sont apparus leur usage restant à définir.
Pour ce qui est de la chronologie la découverte récente d’un acte dans un cartulaire du sud-ouest permet d’affirmer que le castrum d’Auribeau existe dès le début du XIe siècle. L’essentiel des élévations visibles aujourd’hui, enceinte et donjon, semblent appartenir à une phase de construction du XIIe siècle.
L’abandon est connu à travers les sources écrites, en 1333 le castrum d’Auribeau est dit inhabité et ses terres sont rattachées à Saignon, il semble probable que les derniers habitants vont alors s’installer à Saignon. Cette information est corroborée par les résultats des fouilles. A la fin de l’occupation du site l’entrée monumentale est transformée en habitation sur son sol d’occupation les fragments céramiques permettent de dater la désaffectation du début du XIVe siècle.
A l’issue de cette première intervention sur le château (qui prolonge les fouilles de l’église et de ses abords réalisées en 1988 par Y. Codou) il est indéniable que de Saint-Pierre s’impose comme un site important pour l’étude de l’habitat médiéval des XIe-XIIe siècles. Aussi envisageons nous pour l’année 2008 de développer encore cette étude archéologique toujours dans une collaboration étroite entre la municipalité, l’Université de Nice et le Service archéologique de Vaucluse. Dès septembre 2007, une campagne des relevés détaillés des constructions sera engagée.
